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Frédéric Morin
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Qui est-il?

Non, ce n'est pas lui... J'attends la photo et un de ses croquis
 Présentation...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Pourquoi s'occupe-t-il du théâtre étudiant?

On m'a demandé de réfléchir sur mon implication, et je me vois bien embêté, car devant LA question: « Pourquoi faire du théâtre avec les étudiants? », d'autres questions me viennent à l'esprit:
« Pourquoi rassembler tous ces jeunes qui n'ont très souvent qu'une seule envie: être vus sur scène? » (ah!: Vanitas vanitatum et omnia vanitas!)
« Pourquoi travailler des mois pour quelques heures de lumières, si fragiles? »
« Pourquoi réveiller Jésus, la Vieille dame, le Roi qui meurt, et d'autres grands voyageurs, alors qu'ils dorment si bien? »
J'arrête de me poser des questions, car si je continue, je démissionne!

Je le fais d'abord par envie et par plaisir. L'art naît du désir, et si on perd le goût risqué de toucher l'autre, de lui parler, de le réveiller, de lui montrer la beauté et la laideur, ça ne vaut pas le coup.

Je le fais aussi pour permettre aux étudiants (que j'ai tellement de difficulté à convaincre dans mes cours!) d'avoir accès à l'art, à ce qui, selon Tremblay, « est plus intelligent que la vie ». Mais l'art est aussi plus sensible, plus vrai, plus drôle, plus triste, plus intense… que la vie. On a tous besoin de cette plus-value. Faire du théâtre dans les corridors du Cégep, c'est comme redonner droit de Cité à l'essentiel, aux « vraies affaires ».

Il y a bien une autre raison qui me pousse à faire, comme le dit si bien Alexis Martin, de « l'artisanat flambloyant »: ma fascination pour les répétitions. Quand certaines conditions sont réunies, la scène de l'auditorium devient un endroit de liberté, où les étudiants, Lucie et moi regardons dans la même direction, où la confiance, l'échange et la générosité nous font vivre de grandes choses. Je crois en effet que ce qui s'y vit est unique, et que ça répond à un besoin, celui de faire partie d'une communauté et, surtout, de communier avec elle. On dit que les étudiants ne pensent qu'à l'argent, qu'à leur voiture, on dit que les jeunes sont de plus en plus égoïstes et seuls; je ne suis pas statisticien, mais les nôtres (les meilleurs!) ne sont pas ainsi. Peut-être sont-ils à contre-courant. Ça me donne simplement une raison supplémentaire pour les admirer et les aimer.

Trèves d'angélisme. À la blague, Lucie et moi disons souvent que nous sommes des agents de pastorale déguisés en animateurs de théâtre! Plus sérieusement, on se dit aussi que toutes nos motivations sont bien essoufflantes et qu'il faudra bien un jour cesser de jouer aux vertueux! Jusqu'à maintenant, nous avons été plutôt minables dans le rôle du Sage! Qui sait, peut-être l'année prochaine…

 


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