Comment obtenir une bonne note sans se fatiguer
ou: l'art de répondre à une question à développement

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Le style «Maire de Champignac»

Objet: activité de synthèse

J'ai eu depuis quelques jours à répondre à des interrogations soulevées par la mise en oeuvre de travaux dans le cadre de leur activité de synthèse dans le cours «Démarche d'intégration des acquis en Sciences humaines».

Je conçois que ce genre d'activité peut prendre diverses tangentes. Toutefois, j'apprécierais que l'on tienne compte des susceptibilités que peuvent susciter certaines activités, même si l'objet ultime demeure l'analyse que l'élève doit en faire en se servant de l'activité comme prétexte à cette analyse.

En effet, il faut prendre conscience que les activités visant à recueillir des fonds sont de nature à fragiliser l'intégrité et l'imputabilité du Collège (et quand je dis Collège, je parle des professeurs, de la Direction, de l'ensemble du personnel membres d'une même institution). À cet égard, je peux vous dire que j'ai refusé à ce jour une activité qui visait à faire la promotion et la vente d'un produit de divertissement. Je m'inquiète aussi en ce qui concerne les cueillettes de fonds pour de bonnes oeuvres, car jusqu'où peut-on s'assurer du bon déroulement de chaque minute d'une telle opération?

Il faut aussi délaisser les levées de fonds prévoyant des profits réalisés par la vente d'alcool. Actuellement, même les «pubs» qui ont fait la réputation des «bonnes soirées» au Collège n'attirent plus: vous comprendrez que dans un tel cas, on ne parle plus de profit, mais de déficit. Qui pourrait supporter ces échecs?

 

Certaines autres activités de par leur nature sont aussi «questionnables». Je ne souhaite pas élaborer ici, mais j'aimerais qu'on porte attention à la «démonstration» de certains produits ou services qui sèment le doute quant au type d'établissement dans lequel nous sommes. Bien sûr et je l'ai dit plus tôt, les «spectateurs» ne portent pas de regard sur l'analyse qui suivra et je comprends que l'élève a une bonne intention. Sauf que «l'image» demeure la démonstration.

J'ai demandé à A., coordonnateur du programme de Sciences humaines, de se pencher sur le problème. Il faudra sans doute songer à baliser ces activités sans passer par la censure. J'espère que lorsqu'il vous consultera, vous saurez témoigner par vos commentaires l'orientation à privilégier afin d'enrichir notre réflexion. Le Comité de cours est une excellente source d'échanges et pour l'automne 1999, on pourrait songer à un certain cadre nous fournissant quelques règles d'éthique.

J'espère que vous saisirez l'essence de ma communication tout en reconnaissant la nature délicate de son contenu et la volonté de bien circonscrire une activité marquant l'aboutissement d'un programme d'études préuniversitaires.

Sur ce, je vous remercie à l'avance de votre collaboration.

[Lettre distribuée à des professeurs d'un Cégep en 1999 et en 2001. Texte intégral, authentique et non remanié.
Page créée le 2002-11-25]


 

Commentaire

Rappels sur le style

  • Identifier, chaque fois que possible, le sujet de l'action (éviter les «il, on, en, tu», etc.)
  • Formuler les idées de façon logique (qui fait quoi, et dans quelles circonstances) plutôt que selon l'ordre dans lequel elles se présentent à l'esprit
  • Proposer des définitions explicites: définir les termes inconnus avec des termes connus; définir les mots compliqués avec des mots simples et précis (et non l'inverse)
  • Une phrase courte bien tournée peut souvent en dire plus long qu'un paragraphe complet.
  • Contrairement au texte intitulé Langue de bois, celui-ci est relativement compréhensible et suit un plan cohérent: paragraphe 1) sujet posé; 2) contradiction entre deux objectifs; 3 à 5) liste des problèmes; 6) suites à donner (ou ne pas donner); 7) synthèse.

    La problématique est la suivante. Apparemment, certaines activités menées dans le cadre d'un cours ont suscité des critiques d'une ou plusieurs personnes extérieures à l'institution. L'auteur demande donc aux professeurs d'interdire les activités de ce genre, sans toutefois proposer de critère précis permettant de les identifier. En fait, le seul véritable critère semble être l'image projetée par l'institution dans le milieu.

    Le moins que l'on puisse dire, c'est que le style du texte ne risque pas non plus de rehausser le prestige de l'institution (mais ce n'est peut-être pas grave, étant donné que ce texte est destiné au personnel). Les fautes de syntaxe, les abus de pronoms relatifs et les anglicismes sont si nombreux (on en trouve dans chaque phrase), que la lecture en devient presque amusante. L'auteur ne donne certes pas l'impression qu'il fréquente beaucoup ses classiques.

    Comme cela arrive souvent dans les travaux d'étudiants, la lourdeur du style vient ici gâcher un exposé qui ne manque pourtant pas de qualités.