CHAPITRE 6
L'ANALYSE DE TABLEAUX
Section 1, page 182
1. Les poissons chevauchants (tableau 6.3)
a) Population: les pêcheurs (ou les pêcheries). Variable: prises par zone. Échelle de rapport. Données brutes. Unité de mesure: milliers de tonnes. Comparaison dans l'espace.
b) 12 474 / 81 749 = 0,153 = 15,3 %.
c) Les poissons chevauchants peuvent provoquer des conflits entre États! À certaines périodes, ils deviennent accessibles aux pêcheurs étrangers, qui peuvent alors être perçus comme des prédateurs aux yeux des pêcheurs nationaux. La proportion (calculée en b)) est suffisamment élevée pour avoir un impact économique sensible.
2. Les amateurs de poisson (tableau 6.4)
a) Population: la population mondiale. Variable: la consommation de poissons et de coquillages. Échelle de rapport. Donnée dérivée (rapport entre deux variables: Consommation/Population, qui équivaut finalement à une moyenne). Unité de mesure: kg/h.
b) Consommation mondiale par habitant: 13,4 kg.
Production mondiale par habitant: 81 749 milliers de tonnes / 5,356
milliards d'habitants =
Les deux chiffres sont du même ordre, ce qui n'a rien d'étonnant.
Le léger écart peut s'expliquer par différents facteurs: années différentes,
décalage entre consommation et production, prise en compte des coquillages.
c) Dans les pays de tête on trouve principalement les pays de la côte atlantique de l'Europe, à l'exception des îles britanniques. Les chiffres ne semblent concerner que les pays membres de l'OCDE (principalement l'Europe et l'Amérique du Nord).
d) Les chiffres nous renseignent sur les habitudes alimentaires et culinaires, ainsi que sur les activités économiques traditionnelles de ces pays. Les Portugais, les Basques, les Bretons, les Norvégiens et les Islandais vivent dans des pays aux ressources limitées et très ouverts sur l'océan. Ces pays ont tous une vieille tradition maritime, qui remonte au moyen âge. Le poisson semble peu populaire dans les pays germaniques (Allemagne, Suisse, Autriche). Cette habitude remonte peut-être à une époque où il était difficile de transporter le poisson loin des côtes.
Section 2, page 190
Qui accomplit les travaux à la maison?
a) Population: les Canadiens (adultes). Variables: sexe, participation
aux travaux, types de travaux, statut matrimonial, âge, niveau de
scolarité (seules les trois premières figurent dans le tableau).
996 / 6411 = 15,6 % (le tableau donne 16 %).
1115 / 6411 = 17,4 % (le tableau donne 17 %).
b) De l'avis de tous, les femmes sont plus nombreuses à faire les travaux ménagers et les hommes, à faire les travaux d'entretien. Par ailleurs, chacun sous-estime la contribution de son conjoint. Enfin, les travaux d'entretien sont parfois confiés à des personnes étrangères au couple, ce qui est rarement le cas pour les travaux ménagers (notamment pour la préparation des repas).
c) Faits démontrables: la perception des uns et des autres sur eux-mêmes
ne correspond pas à celle de leur partenaire; tous sous-estiment le
travail de leur partenaire et surestiment le leur.
Faits spéculatifs: la spécialisation entre les sexes correspond en
partie aux préférences de chacun.
d) Le second tableau tend à confirmer l'hypothèse spéculative énoncée ci-dessus. Dans l'ensemble, tout le monde semble satisfait de la situation, même si on remarque un nombre sensiblement plus grand de femmes chez les personnes insatisfaites.
Section 3, page 193
La cigarette en perte de vitesse
a) Population étudiée: les Américains agés de 18 ans et plus. Caractéristiques: l'usage du tabac (fumeur, non-fumeur) et le sexe (homme, femme).
b) Les auteurs de l'étude ont choisi une échelle logarithmique qui permet de mieux suivre le taux de variation à long terme. On peut dire en effet que passer de 20 % à 10 %, c'est comme passer de 40 % à 20 %: dans les deux cas, on diminue de moitié. C'est justement ce que l'échelle logarithmique met en évidence. Cela permet également d'être de plus en plus précis à mesure que la proportion de fumeurs diminue et qu'on approche des irréductibles. On aurait pu à la rigueur utiliser une échelle proportionnelle. Ce qui importe avant tout, c'est d'être conscient du type d'échelle utilisé.
c) Il y a une baisse à long terme du tabagisme et peu de fluctuations d'une année à l'autre. Cette baisse, qui touche les deux sexes, tend à se stabiliser vers la fin. Les femmes ont toujours moins fumé que les hommes. (Il s'agit là de quelques observations, que l'on pourrait maintenant tenter d'interpréter.)
Section 4, page 198
D'où provient la violence

Certains élèves prendront la question comme une énigme à déchiffrer et chercheront la solution avec enthousiasme, alors que d'autres se perdront dans des calculs. Au besoin, on pourra leur donner quelques réponses.
b) Le sexe de la victime et le type de relation entre le criminel et sa victime.
c) Les 1 008 000 crimes commis sur des femmes par leur partenaire correspondent à 9,3 crimes pour 1000 femmes. La sous-population de femmes américaines âgées de 12 ans et plus s'élève donc à 1 008 000 / 0,0093 = 108 387 000.
d) Femmes: (9,3 + 2,6) / 32,2 = 37 %; Hommes: 17,1 / 38,8 = 44 %.
e) Commentaires
Exercices supplémentaires, page 199
1. Qui travaille le plus: les hommes ou les femmes?
a) Population mondiale. Variables: sexe (nominale); milieu urbain/rural (nominal); niveau de développement (ordinal); charge de travail (de rapport); on peut considérer le pays comme une variable nominale ou comme un simple identificateur. Données dérivées: moyenne journalière (colonnes 1 à 3, minutes par jour); écart relatif entre deux catégories (colonne 4, pourcentage). Compte tenu que ce genre d'étude ne se fait pas très fréquemment à travers le monde et que la situation évolue lentement, on peut considérer qu'il s'agit d'années récentes et comparables.
b) Voir le tableau ci-dessous.

c) Exemple: 12,0 = (399 – 356) / 356 (première ligne).
d) Colonne 4. La charge de travail des femmes est généralement supérieure à celle des hommes, surtout en milieu rural. Le niveau de développement n'a pas nécessairement une influence sur cet écart.
Colonnes 1 et 2. Même si les hommes travaillent moins que les femmes en milieu rural, leur charge de travail absolue dépasse nettement celle des gens dans les autres milieux.
e) Population mondiale. Variables: type d'activité (marchand/non-marchand); voir question a) pour les autres variables. Données dérivées: proportion de chaque catégorie d'activité.
f) Les hommes travaillent surtout dans le secteur marchand alors que les femmes travaillent surtout dans le secteur non-marchand. La situation est la même quel que soit le niveau de développement, du moins en ce qui concerne les femmes. Les femmes en milieu rural participent plus à des activités marchandes, sans doute en cultivant la terre familiale.
2. La mort aux trousses (tableau 6.13)
Pour cet exercice et les deux suivants, nous ne commenterons pas le tableau de façon complète. Nous nous contenterons de quelques observations.
a) Parmi les groupes qui sont particulièrement exposés à être victimes d'homicide, on trouve les hommes en général, les jeunes adultes, les Noirs (et, dans une moindre mesure, les Hispaniques).
b) Voir la figure ci-dessous.

3. L'avortement au pays de Billy Graham (tableau 6.14)
a) La proportion d'avortement est en hausse aux États-Unis, malgré toutes les campagnes des milieux conservateurs. Comme il n'y a pas de fumée sans feu, il se pourrait que ces campagnes soient justement le signe que le taux d'avortement est en hausse. Si on tient compte de l'âge, on remarque que le taux d'avortement n'est en hausse que chez les femmes de 20 à 29 ans, mais ce groupe d'âge correspond à la grande majorité des femmes enceintes. Ce sont les célibataires, les Noires et les adolescentes qui ont le plus recours à l'avortement (d'ailleurs, ces catégories se recoupent en partie).
b) Voir la figure ci-dessous.

4. L'endémie (tableau 6.15)
a) Les hommes sont plus touchés que les femmes (à cause du mode de transmission du virus ou à cause de comportements différents). La progression est très rapide, mais finit par ralentir. La proportion de femmes, parmi les personnes atteintes, est en hausse.
b) Voir la figure ci-dessous.
