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Méthodes quantitatives en Sciences humaines
Renaud Bouret - Éditions Chenelière/McGraw-Hill

 

La terre
Entrées et sorties de voyageurs au Canada (2012)

Note : Ce document reprend, de façon plus succinte, un thème abordé dans un document précédent, en le complétant par des données de 2012 et en donnant accès au chiffrier original.

★ ★ Données chronologiques, indices

Les voyages forment la jeunesse, et certains pays en profitent plus que d’autres. Voilà un excellent sujet de recherche en méthodes quantitatives. Pour le prouver, nous avons extrait un tableau de Cansim sur les voyageurs internationaux entrant ou revenant au Canada, et nous avons construit quelques graphiques, que nous reproduisons ici. Ce petit travail, qui ne demande guère plus d’une heure d’effort, fournit déjà un bon point de départ à la recherche. Il nous dévoile d’emblée quelques dimensions intéressantes du phénomène : variations saisonnières, déséquilibre entre les entrées et les sorties, différence entre les pays limitrophes et les pays éloignés, évolution chronologique. Et tout d’abord, nous avons dû réfléchir au concept de voyageur, que nous avons décidé de définir ainsi, compte tenu des circonstances : « le voyageur est le résident d’un pays qui séjourne au moins une nuit dans un autre pays ». Notons également qu’un individu qui voyage plusieurs fois équivaut du fait même à « plusieurs voyageurs ».

 

Voyageurs internationaux en provenance et à destination du Canada
(annuel, milliers de visiteurs)

Source des données de toutes les figures : Statistique Canada, Cansim 427-0001 (387-0004 avant 1986).

Cette première figure (ci-dessus) nous donne un aperçu général de la situation, vue sous trois angles particuliers : l’évolution à long terme (sur l’espace d’une génération), la direction des voyages (départs, arrivées) et les partenaires concernés (le voisin états-unien et des autres pays). À première vue, on peut constater que le nombre de voyageurs a généralement tendance à augmenter, davantage en direction de l’étranger que vers le Canada, et que cette progression est relativement plus importante en ce qui concerne les pays autres que les États-Unis (dont les résidents sont d’ailleurs moins nombreux à venir au Canada en 2012 qu’en 1986).

 

Voyages internationaux en provenance et à destination du Canada
(trimestriel, indice : 1986-I = 100)

Nous avons ensuite construit un simple graphique chronologique (ci-dessus), en nous concentrant plus particulièrement sur les 20 années écoulées entre 1986 et 2006. Compte tenu de la disproportion entre les valeurs absolues des quatre variables, nous avons décidé de les convertir préalablement en indices (premier trimestre 1986 = 100). Nous avons également utilisé des données trimestrielles, de préférence à des données annuelles, sachant que les voyages sont très influencés par les saisons.

Les phénomènes saisonniers sont nettement apparents, surtout en ce qui concerne les arrivées. Rien d’étonnant, puisque le Canada « bénéficie » d’un climat plus irrégulier que la plupart de ses partenaires. Cependant, la figure reste difficile à déchiffrer : il faut mieux découper le problème.

 

Voyages internationaux en provenance et à destination du Canada
(trimestriel, indice : 1986-I = 100)

Nous avons tout simplement fait une copie du graphe précédent, avant de supprimer deux de ses courbes. La figure (ci-dessus) est maintenant plus lisible. N’oublions pas, cependant, que les courbes représentent des indices et non des valeurs absolues : il serait faux de dire que les Américains sont plus nombreux à venir au Canada que les Canadiens aux États-Unis. Chose certaine, on constate que les gens voyagent plus l’été que l’hiver, et que cette tendance est nettement plus accentuée pour les Américains que pour les Canadiens.

 

Voyages internationaux en provenance et à destination du Canada
(trimestriel, indice : 1986-I = 100)

Nous avons construit cette figure de la même façon que la précédente (une opération de quelques secondes), avant de rajouter une courbe de tendance. Les fluctuations saisonnières, observées précédemment pour les Américains, sont encore plus prononcées pour les résidents des autres pays visitant le Canada. La courbe des départs, quant à elle, nous réserve quelques surprises. Les Canadiens voyagent plus volontiers à l’étranger (États-Unis exclus) l’hiver que l’été. Cela est probablement relié aux séjours dans les Antilles au cœur du rude hiver. Cette tendance s’accentue d’ailleurs avec le temps.

 

Questions

1. À vous de jouer. Construisez des graphiques similaires à partir des tableaux de Cansim. Vous pouvez faire une recherche par mot-clé (voyage, voyageurs, etc.) ou entrer les numéros de tableaux cités ici. Vous pouvez aussi réorienter l’angle d’étude (Québec au lieu de Canada, mois au lieu de trimestres, etc.).
 

2. Trouvez des données concernant d’autres pays et construisez quelques graphiques éloquents sur la situation de leurs voyages internationaux.

 


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