Revue de presse: Les Centres d'aide en français du Collège de l'Outaouais
ou: Fermera, fermera pas?

Note: Les textes reproduits ici, dans leur version intégrale, n'engagent que leurs auteurs.

2002-11-16: Le Devoir   2002-11-25: Le Roy Félix   2002-11-25: Le Droit  
Taux de réussite à l'épreuve uniforme de français
 
 

Le Devoir

Lettres: Un plan de réussite dangereux

Le Collège de l'Outaouais est un établissement reconnu pour sa promotion de la culture et de la langue française. L'an dernier, l'administration a fait détruire la moitié de la bibliothèque pour faire place à un programme de multimédia; elle force maintenant les professeurs de français à fermer le Centre d'aide en français écrit, faute de financement.

Les élèves ne pouvaient déjà plus lire et faire leurs devoirs dans une bibliothèque convenable; ils ne pourront maintenant plus avoir de ressources pour apprendre à bien écrire en français. Le problème est grave. Ce sont quelques centaines d'étudiants qui utilisent hebdomadairement les services du centre, des étudiants qui ont de graves difficultés et qui, parfois, ne savent pas la différence entre un mot au singulier ou un mot au pluriel.
 

Le centre d'aide peut leur permettre de réussir leurs cours de français et de pouvoir formuler leurs idées clairement dans les cours de philosophie, d'histoire, etc. Est-ce donc cela, le plan de réussite au Collège de l'Outaouais ? Empêcher les jeunes d'apprendre le français ? Peut-être que les administrateurs sont jaloux, eux qui font plusieurs fautes graves de grammaire dans les lettres officielles qu'ils envoient aux professeurs. Je suis triste, triste pour les futurs élèves qui auront des difficultés en français et qui ne disposeront pas des ressources nécessaires à cause d'une administration qui pense faire augmenter la réussite en refusant de financer des ressources comme le centre d'aide.

Le Devoir, 16 novembre 2002, Vincent Bouret, étudiant du Collège de l'Outaouais
 

Le Roy Félix

Les centres d'aide en français: Une ressource essentielle au Collège de l'Outaouais

Suite à la publication de la lettre d'un étudiant du Collège, dans la chronique «Votre opinion» de l'édition du mardi 19 novembre du journal Le Droit, il nous apparaît opportun de vous rassurer, étudiantes et étudiants, quant à l'avenir de nos deux centres d'aide en français.

Les conclusions tirées par l'auteur de cette lettre ne reflétaient pas la position du Collège qui accorde une grande importance à l'apprentissage du français. Les centres d'aide sont des ressources mises en place pour contribuer à votre réussite et dans lesquelles nous investissons prioritairement. Il n'a d'ailleurs jamais été question, du côté de la direction des études, de ne plus les rendre accessibles.
 

Grâce aux compétences de vos enseignants et aux services offerts par les centres d'aide, sans oublier le soutien du ministère de l'Éducation qui a ajouté des heures à chacun des cours de français de votre programme d'études, nous sommes convaincus que vous avez en main tous les outils pour poursuivre votre apprentissage et assurer votre réussite!

Le Roy Félix, 25 novembre 2002, La direction du Collège de l'Outaouais
 

Le Droit

Fermeture du Centre d'aide en français au Cégep

La nouvelle de la fermeture du Centre d'aide en français (au Cégep de l'Outaouais) m'a grandement affecté. Voilà qu'une institution scolaire décide de négliger le français écrit, chose qui est pourtant évaluée pour tous les travaux remis au Cégep. Récemment, j'ai rencontré Mme Pelletier, adjointe de la direction des études puisque M. Filion, le directeur, était trop occupé. La seule chose qu'elle a pu faire est de me confirmer que le Centre d'aide en français serait fermé et a pris mes commentaires en note. Elle m'indiqua qu'elle les ferait suivre à M. Filion, qui déciderait s'il accepte de me rencontrer ou non.

Dans la même journée, j'ai rencontré M. Drouin, coordonnateur du département de français au collège. Il m'a expliqué que le Centre d'aide en français allait être fermé puisque l'administration refuse de donner des ressources essentielles à sa survie à la session d'hiver 2003. Il m'a également informé que la contribution financière du collège a été réduite de plus de 50 % cette année comparativement aux années antérieures. Néanmoins, l'administration du Collège de l'Outaouais accuse les enseignants d'être responsables de la fermeture du Centre d'aide en français, celui-ci ayant été supposément mal géré.

Malgré ce qui précède, la directrice générale du collège, Mme Ouellette, continue de nier que le Centre sera fermé la session prochaine, question de sauver sa réputation. À la suite d'une entrevue radiophonique, elle a indiqué qu'il n'a jamais été question de le fermer. Mais alors, comment est-ce possible si la Direction des études a bel et bien décidé de ne pas allouer de ressources au centre pour la session prochaine ? Le Centre d'aide serait donc censé survivre sans budget ?

Quel beau geste de la part du Collège de l'Outaouais qui, malgré les subventions du gouvernement censées financer des programmes d'aide à la réussite scolaire, décide de couper un service qui permet à plus de 500 étudiants par année de maîtriser notre langue afin de mieux l'utiliser.

Le Droit, 25 novembre 2002, Jean-François Goyette, étudiant du Collège de l'Outaouais