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Mythes et réalités sur l'approche par compétences

Résumé du texte de Sandra Kerka (voir l'article original en anglais)

L'approche par compétences, à la mode dans les années 1970, a connu un regain de popularité dans les années 1990 en Angleterre, en Australie et en Nouvelle Zélande. Elle s'inscrit dans une politique de compétitivité dans une économie mondialisée.

 

Un concept à géométrie variable

Officiellement, l'approche par compétences est centrée sur l'individu et ses réalisations. Le but à atteindre et les critères d'évaluation sont définis avec précision. Les détracteurs de cette approche la trouvent cependant étroite, rigide, atomisée et malsaine sur les plans théorique, empirique et pédagogique. Cette critique est encore plus sévère lorsque l'approche par compétences s'appuie sur le behaviorisme, qui ignore les liens entre les tâches et les attributs qui les sous-tendent (sens, intention, contexte, etc.). De nombreuses études montrent de toute façon que les individus reconstruisent continuellement leur comportement dans leurs interactions avec la réalité. La manière de mesurer l'atteinte des compétences (réussie/non réussie) est aussi considérée comme particulièrement simpliste. Même si on élargit le concept de compétence, l'approche privilégie l'accomplissement des tâches au détriment de la connaissance et du savoir.

 

Qu'en pensent les entreprises?

Un des principaux arguments en faveur de l'approche par compétences est qu'elle prépare mieux l'étudiant au marché du travail. En pratique, les employeurs trouvent cette approche coûteuse, lourde, parfois peu adaptée, et formulée dans un jargon confus. Même s'ils jugent parfois le concept intéressant, les employeurs se montrent réticents à remplacer leurs critères spécifiques existants par des critères génériques, et ils se méfient des comités définissant ces critères.

 

Un débat idéologique

Pour certains, l'approche par compétences est un mythe servant à camoufler des choix politiques. Selon ses opposants, cette approche part du principe que la formation doit conduire à une plus grande efficacité économique, qui est elle-même la base de la satisfaction des besoins individuels et sociaux. Le savoir est alors défini de façon étroite en fonction des besoins de l'entreprise, et c'est sur cette base que l'enseignement est financé et que les enseignants sont évalués. Dans cette soi-disant société du savoir, l'approche par compétences prive les individus de la dimension culturelle et sociale de l'apprentissage, leur confisque le pouvoir de se prononcer sur ces dimensions, et restreint leur esprit critique.